Karaoké : vous pouvez vous moquer

Publié le par Milia


Apres une dure journée de labeur, quoi de mieux que de se détendre à chanter des chansons en Khmer avec ses collègues?





Quand on ne sait ni lire (ni parler) le Khmer, ça donne ça :




Passer un an au Cambodge sans faire un karaoké, c'était inconcevable. J'ai jusqu'ici été plutôt réticente à l'idée d'entrer dans ces bars karaokés, qui ne sont en fait que des bordels chantants, mais j'ai franchi le pas, entraînée par mes collègues... Quand toute notre équipe est entrée dans la pièce, les « karaoke girls » on lâché des : ‘Oh !' telle leur surprise de voir des femmes d'une condition différente de la leur pénétrer en ces lieux était grande. Car le karaoké au Cambodge est un lieu réservé aux hommes. Quant à moi, en voyant leurs visages d'une tristesse à crever le cœur...je me suis sentie complice de leur malheur.

Les filles de karaoké sont là pour distraire les hommes. Elles chantent les voix
féminines des duos, servent la bière, et mettent leur corps à disposition. Une grande majorité des filles de karaoké sont issues du trafic de femmes dans la région. Beaucoup d'entre elles atterrissent en ces lieux sordides suite à des manipulations odieuses, devenant prostituées malgré elles, alors qu'on leur promettait un travail bien payé en tant que couturière, vendeuse, ou simplement chanteuse.



A KARAOKE GIRL'S LIFE, song by The Messenger Band


I have had bad fate in my life since I was born; my life has been different from others. Always facing unhappiness, I bear the family's burden; I bear the shame and sell my voice.

I became a karaoke girl I sing in the karaoke bar I don't want to be here but I am poor. Please don't blame me for being bad I have tried to live in this darkness.

Chorus
Though I work day and night and never resting, I am still poor I was in debt to the owner. If I take rest, they reduce my money.

The tears of a karaoke girl I am living as a slave, without freedom. I was mistreated by the owner and forced to serve clients.



PS. The girls on the third picture are obviously NOT karaoke girls, but colleagues!

Publié dans Cambodia

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Fabien 22/09/2008

En lisant cet article, deux commentaires me viennent à l'esprit.1er commentaire : la description que tu fais de ces karaokés fait beaucoup réfléchir. C'est toujours choquant de constater que de nos jours encore un lieu de fête pour certains est un lieu de désespoir pour d'autres. Et je comprends pourquoi il y a tant à faire dans ce pays pour les droits des femmes.2ème commentaire (dans un autre registre) : tu as une voix divine ;)

Milia 22/09/2008

1) oui...tu imagines donc ma culpabilite constante, et la frustration que je rencontre dans mon travail. Les droits des femmes ici, c'est un combat qui n'engage que trop peu de femmes locales je trouve. 2) tu pense que tu pourrais me trouver une maison de disque? J'ai toujours voulu etre chanteuse et je suis tellement consciente de mon talent qu'il serait dommage de le gacher. Sur tes bons conseils, je travaille deja sur mon premier album.