Child labour = exploitation + no education + physical and mental abuse + stress + no childhood
= Future denied
“Well ok, some children are working instead of going to school, but what alternative do they have? And you’re demonizing child labour because you’re a Westerner, and your judgement is biased by
your own perceptions, beliefs and culture. Who said that children shouldn’t work? Who said that school is better than agriculture or mining? Why do you aid agencies and development people always
want to make people think that child labour necessarily entails being exploited and enslaved?”
* * *
My name is Juma, I’m 8, I work in the mines, my throat hurts because of the dust, I am scared everyday of falling down and dying. My dream would be to become a pilot and to go to school. If I
manage, I want to build a house for my parents.
My name is Mercy, I’m 13 years old. When I was 10, I had to leave my home to look for a job and cater for myself because my parents did not have enough money to feed all my siblings and myself. I
worked 15 hours a day as a housemaid and never got paid a penny by the family I worked for. One day I fled because I could not cope with the repeated rapes by the father of the family anymore. An
NGO welcomed me in their rehabilitation programmes and I am now doing a training to become a hairdresser. After they advised me to take the HIV test I found out I was HIV positive.
My name is Neema, I’m 12. I started to work as a prostitute one year ago, when my mother died of AIDS, a few months after my dad did. As the oldest in the family, I had to take care of my
siblings; that’s why I dropped out of school and entered commercial sex. What I find most difficult is that many men don’t pay me, some beat me, and I feel dirty all the time. I might be HIV
positive but I don’t want to take the test.
Child labour is a crime: stop it now.
During my mission in Uganda, I worked extensively on the SCREAM initiative. I went in schools and rehabilitation centres for ex-child labourers and could see the great impact of this education
tool. It does really empower children to become agents of social change in their communities, as well as to speak up against child abuses.
SCREAM against Child Labour initiative – Supporting
Children’s Rights through Education, Arts and the Media.
Teacher
from the partner School Grace of Lord, Kampala, Uganda, where some of the children withdrawn from child labour by KIN are sent. Kids in Need (KIN) is one of the local
NGOs cooperating with ILO/IPEC Uganda.
About the film:
MGHP Good Hope is one of ILO/IPEC’s implementing agencies in Tanzania contributing to withdrawing children from mining. As a local NGO, locally staffed, the communication with the community
members and beneficiaries themselves is a real and productive exchange. They are part of the cultural and political landscape of Tanzania and not outsiders trying to bring change while ignoring
the specific cultural features of the region. During my time at ILO/IPEC Tanzania, I worked with Mr. Mushi (interviewed in the video) and provided support for the proposal writing and project
planning.
Petit weekend sympa avec Ron, un hollandais qui habite aussi chez Akky (la directrice de projet IPEC Ouganda chez qui je loge pendant la 2ème moitié de ma mission à Kampala).
Destination : Jinja, une bourgade au bord du Lac Victoria à 2h de Kampala où se trouve la source du Nil. Départ le samedi matin en bus de Kampala. Des paysages vraiment magnifiques, des
couleurs chaudes et profondes, une végétation verdoyante et un ciel splendide. Arrivée à Jinja deux heures plus tard. Et on part à pied à la recherche de notre auberge de routards, River Nile
Explorer. Après plus d'une heure de marche, quelques demi-tours et détours, on arrive à l'auberge où l'accueil ne fût pas des plus chaleureux...Un pickup qui se dirige vers les chutes d'eau
nous propose de nous emmener dans deux heures, ça nous parait parfait. On eu le temps de se restaurer, de se désaltérer, de s’allonger dans l’herbe, de jouer aux dés (jeu de prédilection de Ron).
On décide entretemps de changer d'auberge et d'aller dans une auberge au pied de la source du Nil. Le pickup nous emmène ensuite aux chutes et sur le chemin, on croise de petits villages en
bordure de route, avec des ribambelles d'enfants qui jouent, mais le plus souvent qui travaillent sans relâche : ils portent de gros jerricanes d'eau sur leur tête, du bois, font la cuisine,
la lessive, la vaisselle, s'occupent des bébés (les filles principalement).
Enfants de l'école Grace of Lord, dans le bidonville de Kampala, Rubaga. 50% des enfants de cette école sont des
"orphelins du SIDA".
Au bout de deux mois et demis de stage à l'OIT en Tanzanie (organisation internationale du travail), la directrice d'IPEC (programme international pour l'élimination du travail des enfants)
Ouganda/ Zambie et la directrice d'IPEC Tanzanie me proposent une mission en tant que consultante en Ouganda.
Objet de la mission en bref : importer en Tanzanie un projet pilote mis
en place en Ouganda et en Zambie. Il s'agit d'un projet unique au monde qui vise à attaquer le problème du travail des enfants à l'une de ses sources majeures : le VIH/SIDA. On part du principe
que les enfants qui travaillent sont dans 90% des cas affectés par le SIDA - il faut rappeler que l'Afrique de l'Est et l'Afrique Australe sont les régions les plus touchées par l'épidémie du
SIDA à l'échelle mondiale ; des villages entiers sont décimés, les enfants des rues et les orphelins se comptent par millions. Parmi les causes qui poussent les enfants à travailler, le décès de
l'un ou des deux parents/ tuteurs reste la plus répandue. Le projet pilote tente d'établir un système de protection sociale qui repose sur la solidarité au sein de la communauté pour faire
reculer le travail des enfants induit par le SIDA (HIV/AIDS induced child labour). IPEC travaille en partenariat avec des ONG locales qui élaborent des plans d'action et interviennent directement
sur le terrain.
Mon rôle en gros : aller sur le terrain (dans les bidonvilles, dans les
centres de réhabilitation pour anciens travailleurs infantiles, dans les centres de formation, dans les écoles, dans les foyers, etc.), faire le tour des programmes avec mon bloc notes, les
évaluer, voir que tout est cohérent, relever les indicateurs qui permettent de mesurer les progrès, et ensuite écrire un rapport détaillé et produire des recommandations concrètes sous forme de
mini plan d'action pour la Tanzanie, en prenant en compte les spécificités propres du programme, ses dynamiques, les obstacles éventuels, etc.
Mes impressions : cette mission fût extrêmement enrichissante sur tous
les plans. Professionnellement, elle m'a apporté de nombreuses compétences, elle m'a permis de me tisser un réseau de contacts intéressants pour la suite, elle m'a donné l'opportunité de faire
mes preuves et de faire en sorte qu'on se souvienne de moi à l'OIT (eh oui ! on sait jamais). Sur le plan personnel, ces deux semaines en Ouganda m'auront permis d'avoir un regard différent sur
certains aspects de l'Afrique, de mieux comprendre l'impact des programmes de l'OIT/IPEC dans la région, d'identifier certaines des causes réelles des maux qui rongent l'Afrique, de remettre en
question mon jugement par rapport au système onusien, d'affiner ma réflexion en matière de développement de l'Afrique.
Cuisine de l'école Grace of Lord
Toilettes des filles
Annette, malade du SIDA, 8 enfants à charge (tous séropositifs), confectionne des bijoux partir de papier glacé. Cette
activité lui permet à nouveau de nourrir ses enfants et de les envoyer à l'école.
Le fils d'Annette, 2 ans, séropositif
Restes d'un repas
préparé par Annette, qui servira de diner pour 7 enfants
Je suis passée par des phases de découragement, mais avec le recul, je ne garde que du positif de cette expérience, qui fût vraiment constructive. Découragement, courage et
espoir.
Découragement : je suis passée par une première phase de découragement. D’une part, face à l'ampleur des problèmes auxquels les
communautés que j'ai visitées sont confrontées (Sida, extrême pauvreté, malnutrition, ignorance, rejet), et d’autre part, par rapport à la façon dont ces problèmes sont traités. L'extrême lenteur
de tous les procédés s'avère être un gros obstacle au changement, le manque de passion et de détermination que j'ai remarqué chez beaucoup de personnes, tant du côté des ONG que du côté des
bénéficiaires, le fatalisme qui se lit chez beaucoup aussi, l'ignorance et l'état d'obscurantisme dans lequel est maintenue toute une partie de la population, qui empêche la prise de conscience
indispensable à l'action et qui fait que des situations inacceptables sont si facilement acceptées. Les mentalités, aussi, qui par leur conservatisme et leur manque d'ouverture, empêchent aussi
le changement. Je pense notamment à la politique d'abstinence, qui continue d'être défendue à bras le corps malgré le peu d'effets positifs et la déferlante d'effets négatifs qu'elle produit
(cette politique moralisatrice a, je pense, induit un énorme sentiment de culpabilité et n'a fait qu'empirer les problèmes de rejet et de stigmatisation déjà si répandus). Je pense que même si
elle peut avoir certains mérites, elle doit être menée en parallèle avec d'autres politiques alternatives. Si toute l'énergie mise à prôner pour l'abstinence avait été mise au service d'une
campagne efficace pour le port du préservatif ou pour une campagne de sensibilisation sur les traitements disponibles, ou encore une campagne pour la solidarité envers les malades du SIDA et
séropositifs, la situation serait peut être différente aujourd'hui. Sur ce point, j'oublie peut être de prendre en considération des éléments qui justifient la politique d'abstinence, mais je la
trouve tout simplement utopique et il me semble aussi qu'elle produise bien souvent les effets contraires aux effets recherchés...
Ensuite, même si les programmes ont un effet à court terme plutôt très satisfaisant, les retombées sur le long terme me semblent assez minimes. Le cercle vicieux est tellement difficile à rompre
qu'il n'est pas toujours facile de rester optimiste.
Espoir : quelques success stories ont suffit à me redonner espoir. Je me dis qu’on recherche aussi bien le bien-être individuel que collectif et que même si les programmes ne
bénéficient qu’à une poignée de personnes, et pour une durée souvent insuffisante, le changement est visible. Des vies prennent de nouvelles directions. Par exemple, l’un des programmes aide à la
conduite d’IGA (Income generating activities, activités génératrices de revenus) pour des femmes vulnérables (séropositives, veuves, avec enfants à charge) et l’impact est tellement
positif ! Elles regagnent confiance, estime de soi, espoir, créativité. Leur esprit d’entreprise se développe, la solidarité renait grâce à la mise en place de groupe d’entraide. Ces femmes
ont une ressource et une force incroyable. Je pense que les petits riens font la différence et que le changement nécessite temps, persévérance, passion et foi.
Courage : la force et la rage de vaincre de ces quelques femmes m’ont donné énormément de courage. Ces visites m’ont vraiment
bouleversée mais j’en suis sortie vraiment plus forte. C’est aussi en voyant ces enfants séropositifs, orphelins, qui malgré leur jeune âge ont surmonté des épreuves terribles (prostitution,
travail domestique forcé, violence et abus sexuels, exploitation, douleur de perdre des êtres chers, rupture sociale, rejet, stigmatisation…) garder le sourire que je me suis sentie pleine
de courage.
Même si je continue d’osciller entre découragement et espoir, c’est souvent l’espoir qui finit par l’emporter.
Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux
Marcel Proust
