Uganda

Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 22:48
  
Children from the School Grace of Lord, Rubaga District, Kampala, Uganda – June 2007
 
Grace of Lord is one of the partner schools of KIN (Kids In Need), one of ILO/IPEC’s implementing agencies in Uganda. Many of the children that are withdrawn or prevented from entering child labour are sent to this school. More than half of the children are HIV/AIDS orphans and at high risk or being trapped into child labour. Being kept in school remains the best prevention against the worst forms of child labour (i.e. prostitution, slave domestic labour, etc.). Uganda’s education policy UPE (universal primary education) makes primary education free for all but children can only attend provided that they have the required scholastic materials: shoes, uniform, pens, and notebooks, which, as minor a requirement it may seem, can be a major obstacle to education.
 
In order to avoid child labour, KIN has been implementing a scheme meant to assist vulnerable women (HIV/AIDS-positive widows with children) in developing income-generating activities, so that they can provide food, clothing and scholastic materials for their children. On the field visits I was particularly impressed by the incredible potential of these women: their creativity, their courage, their unwavering hope and faith in life…
 
If you understand French, click here.
Par Milia - Publié dans : Uganda
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Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /Juil /2007 21:29
 

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Child labour =
exploitation + no education + physical and mental abuse + stress + no childhood = Future denied

 


“Well ok, some children are working instead of going to school, but what alternative do they have? And you’re demonizing child labour because you’re a Westerner, and your judgement is biased by your own perceptions, beliefs and culture. Who said that children shouldn’t work? Who said that school is better than agriculture or mining? Why do you aid agencies and development people always want to make people think that child labour necessarily entails being exploited and enslaved?”

 

 


*        *        *

 


My name is Juma, I’m 8, I work in the mines, my throat hurts because of the dust, I am scared everyday of falling down and dying. My dream would be to become a pilot and to go to school. If I manage, I want to build a house for my parents. 

 

 


My name is Mercy, I’m 13 years old. When I was 10, I had to leave my home to look for a job and cater for myself because my parents did not have enough money to feed all my siblings and myself. I worked 15 hours a day as a housemaid and never got paid a penny by the family I worked for. One day I fled because I could not cope with the repeated rapes by the father of the family anymore. An NGO welcomed me in their rehabilitation programmes and I am now doing a training to become a hairdresser. After they advised me to take the HIV test I found out I was HIV positive.

 

 


My name is Neema, I’m 12. I started to work as a prostitute one year ago, when my mother died of AIDS, a few months after my dad did. As the oldest in the family, I had to take care of my siblings; that’s why I dropped out of school and entered commercial sex. What I find most difficult is that many men don’t pay me, some beat me, and I feel dirty all the time. I might be HIV positive but I don’t want to take the test.

 

 


Child labour is a crime: stop it now.   

 


During my mission in Uganda, I worked extensively on the SCREAM initiative. I went in schools and rehabilitation centres for ex-child labourers and could see the great impact of this education tool. It does really empower children to become agents of social change in their communities, as well as to speak up against child abuses.

 

SCREAM against Child Labour initiative – Supporting Children’s Rights through Education, Arts and the Media.

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Teacher from the partner School Grace of Lord, Kampala, Uganda, where some of the  children withdrawn from child labour by KIN are sent. Kids in Need (KIN) is one of the local NGOs cooperating with ILO/IPEC Uganda. 


About the film: MGHP Good Hope is one of ILO/IPEC’s implementing agencies in Tanzania contributing to withdrawing children from mining. As a local NGO, locally staffed, the communication with the community members and beneficiaries themselves is a real and productive exchange. They are part of the cultural and political landscape of Tanzania and not outsiders trying to bring change while ignoring the specific cultural features of the region. During my time at ILO/IPEC Tanzania, I worked with Mr. Mushi (interviewed in the video) and provided support for the proposal writing and project planning.

   

 

Par Milia - Publié dans : Uganda
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /Juin /2007 19:09

 

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Petit weekend sympa avec Ron, un hollandais qui habite aussi chez Akky (la directrice de projet IPEC Ouganda chez qui je loge pendant la 2ème moitié de ma mission à Kampala). Destination : Jinja, une bourgade au bord du Lac Victoria à 2h de Kampala où se trouve la source du Nil. Départ le samedi matin en bus de Kampala. Des paysages vraiment magnifiques, des couleurs chaudes et profondes, une végétation verdoyante et un ciel splendide. Arrivée à Jinja deux heures plus tard. Et on part à pied à la recherche de notre auberge de routards, River Nile Explorer. Après plus d'une heure de marche, quelques demi-tours et détours, on arrive à l'auberge où l'accueil ne fût pas des plus chaleureux...Un pickup qui se dirige vers les chutes d'eau nous propose de nous emmener dans deux heures, ça nous parait parfait. On eu le temps de se restaurer, de se désaltérer, de s’allonger dans l’herbe, de jouer aux dés (jeu de prédilection de Ron). On décide entretemps de changer d'auberge et d'aller dans une auberge au pied de la source du Nil. Le pickup nous emmène ensuite aux chutes et sur le chemin, on croise de petits villages en bordure de route, avec des ribambelles d'enfants qui jouent, mais le plus souvent qui travaillent sans relâche : ils portent de gros jerricanes d'eau sur leur tête, du bois, font la cuisine, la lessive, la vaisselle, s'occupent des bébés (les filles principalement).



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Ensuite on arrive à la nouvelle auberge, et là on se fait dévisager par un groupe de gros Anglos saxons massifs, bourrus, rouges, roux/blonds, pas sympas...mais peu importe ! On est là pour passer un bon weekend. Pas un sourire, pas un mot.  Notre dortoir à l'air pas mal, on a même le luxe d'avoir des moustiquaires et des couvertures.  A quelques mètres se trouve la source du Nil, on marche  une dizaine de minutes pour y arriver : la détente va pouvoir commencer. Une petite barque à moteur nous a emmenés sur un petit îlot qu'un local nous a fait visiter. J'étais contente de leur faire profiter un peu du tourisme. C'était très bien. J'ai adoré naviguer sur les eaux calmes, voir les femmes laver leur linge et leur enfants sur bord du Nil.

Ensuite, on s'est affalés dans des fauteuils très confortables en face des cascades où on est restés jusqu'à la tombée de la nuit. J'ai même fait une petite sieste. Le coucher de soleil fût splendide...Ensuite retour un peu hâtif à l'auberge, de peur de se faire rattraper par la nuit...et ici inutile de dire que quand il fait nuit...on ne peut compter que sur la lune pour éclairer notre chemin ! Mais on a fini par arriver à temps...et là, surprise : on arrive à l'auberge pour se poser au bar en plein air et jouer un peu aux dés, et on se retrouve aux Texas dans un bar local de jeunes, avec du hard rock, des pizzas, des hamburgers, des américains, bière à la main (ambiance high school house party)...on se regarde...on s'assied, et on commence à jouer aux dés. Mais vraiment quel choc !

Fatigués par notre journée de farniente, on décide d'aller se coucher...pour passer une nuit blanche...Des dizaines de gens complètement bourrés, à vomir dans tous les coins, à crier, le hard rock qui continue, encore, encore, encore, jusqu'au petit matin...une fille complètement défoncée, dans notre dortoir qui est passée des rires aux larmes toute a nuit...bref ! De quoi bien trancher avec notre journée "nature et découverte"...le lendemain c'est les yeux tout gonflés que je retrouve Ron. On décide d'y aller mollo pour aujourd'hui. On commence par un pti dej avec vue sur les chutes d’eau, de quoi nous apaiser un peu. On se dirige ensuite à pied vers Jinja Town (à une dizaine de kilomètres) pour finir en boda boda (de petites motos-taxi, nos petites fesses confortablement installées sur un siège molletonné, j’adore !). On passe par les villages, à pied cette fois, où les petits enfants nous saluent chaleureusement en criant “Mzungu! Mzungu!” (Blancs, oui ici ils font pas la différence). On était tous les trois sur le même boda boda, mes dents grinçaient à chaque fois qu’on passait à un millimètre d’un nid de poule (donc la plupart du temps sachant que les routes en sont truffées). Je ne donnais pas cher de notre vie dans le cas d’un accident vu l’état plus que douteux de la moto…mais on finit par arriver à bon port et c’est parti pour un tour dans le marché local de Jinja…où nous étions les seuls mzungus. Un marché très très modeste où on vend principalement de la cassave et des bananes plantains avec quelques poissons frits et leur cortège de mouches. Mais on y trouve aussi toutes sortes de bouteilles, bassines, vêtements, outils ; tous récupérés et réutilisés. 

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Juste après, on regrimpe sur un boda boda pour aller cette fois se relaxer dans un hôtel au bord du Lac Victoria. On arrive après avoir emprunté de petits sentiers de terre, croisé quelques troupeaux de zébus cornus, et nous voila arrivés. On marche un peu pour arriver au bord du Lac et on arrive dans un endroit paradisiaque ou tout n’est que luxe, calme et volupté…enfin pas vraiment luxe, mais plutôt calme et volupté. On entendait rien d’autre que les voix de quelques enfants sur le bord en train de faire des lessives et de ranger les filets des bateaux. Un super moment que j’ai savouré pendant une heure. Puis après on est retournés à l’hôtel où nous attendait notre déjeuner, riz blanc et avocats pour moi, spaghetti pour Ron…toujours avec vue sur le lac, dans le calme. La fin du weekend commençait à pointer son nez…on se dirige vers la sortie, on attrape un boda boda et nous voilà repartis en direction de Kampala…on croise un bus en chemin qui nous déposera au grand terminal de bus de Kampala (une foule humaine dans tous les sens, des dizaines de chose qui se vendent dans des bassines sur la tête, des bus, des minibus, des motos…). Weekend vraiment dépaysant, de quoi recharger mes batteries pour une bonne semaine de travail.
Par Milia - Publié dans : Uganda
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Samedi 2 juin 2007 6 02 /06 /Juin /2007 12:55

 
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Enfants de l'école Grace of Lord, dans le bidonville de Kampala, Rubaga. 50% des enfants de cette école sont des "orphelins du SIDA".

Au bout de deux mois et demis de stage à l'OIT en Tanzanie (organisation internationale du travail), la directrice d'IPEC (programme international pour l'élimination du travail des enfants) Ouganda/ Zambie et la directrice d'IPEC Tanzanie me proposent une mission en tant que consultante en Ouganda.


Objet de la mission en bref : importer en Tanzanie un projet pilote mis en place en Ouganda et en Zambie. Il s'agit d'un projet unique au monde qui vise à attaquer le problème du travail des enfants à l'une de ses sources majeures : le VIH/SIDA. On part du principe que les enfants qui travaillent sont dans 90% des cas affectés par le SIDA - il faut rappeler que l'Afrique de l'Est et l'Afrique Australe sont les régions les plus touchées par l'épidémie du SIDA à l'échelle mondiale ; des villages entiers sont décimés, les enfants des rues et les orphelins se comptent par millions. Parmi les causes qui poussent les enfants à travailler, le décès de l'un ou des deux parents/ tuteurs reste la plus répandue. Le projet pilote tente d'établir un système de protection sociale qui repose sur la solidarité au sein de la communauté pour faire reculer le travail des enfants induit par le SIDA (HIV/AIDS induced child labour). IPEC travaille en partenariat avec des ONG locales qui élaborent des plans d'action et interviennent directement sur le terrain.


Mon rôle en gros : aller sur le terrain (dans les bidonvilles, dans les centres de réhabilitation pour anciens travailleurs infantiles, dans les centres de formation, dans les écoles, dans les foyers, etc.), faire le tour des programmes avec mon bloc notes, les évaluer, voir que tout est cohérent, relever les indicateurs qui permettent de mesurer les progrès, et ensuite écrire un rapport détaillé et produire des recommandations concrètes sous forme de mini plan d'action pour la Tanzanie, en prenant en compte les spécificités propres du programme, ses dynamiques, les obstacles éventuels, etc.


Mes impressions : cette mission fût extrêmement enrichissante sur tous les plans. Professionnellement, elle m'a apporté de nombreuses compétences, elle m'a permis de me tisser un réseau de contacts intéressants pour la suite, elle m'a donné l'opportunité de faire mes preuves et de faire en sorte qu'on se souvienne de moi à l'OIT (eh oui ! on sait jamais). Sur le plan personnel, ces deux semaines en Ouganda m'auront permis d'avoir un regard différent sur certains aspects de l'Afrique, de mieux comprendre l'impact des programmes de l'OIT/IPEC dans la région, d'identifier certaines des causes réelles des maux qui rongent l'Afrique, de remettre en question mon jugement par rapport au système onusien, d'affiner ma réflexion en matière de développement de l'Afrique.

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Cuisine de l'école Grace of Lord 
















Toilettes des filles



Anette--b--n--ficiaire-d-IGA.JPG Annette, malade du SIDA, 8 enfants à charge (tous séropositifs), confectionne des bijoux  partir de papier glacé. Cette activité lui permet à nouveau de nourrir ses enfants et de les envoyer à l'école. 

Le-fils-d-Annette--2-ans--s--ropositif.JPG Le fils d'Annette, 2 ans, séropositif

Diner-pour-1-adulte-et-7-enfants.JPG Restes d'un repas préparé par Annette, qui servira de diner pour 7 enfants 


Je suis passée par des phases de découragement, mais avec le recul, je ne garde que du positif de cette expérience, qui fût vraiment constructive. Découragement, courage et espoir. 

Découragement :
je suis passée par une première phase de découragement. D’une part, face à l'ampleur des problèmes auxquels les communautés que j'ai visitées sont confrontées (Sida, extrême pauvreté, malnutrition, ignorance, rejet), et d’autre part, par rapport à la façon dont ces problèmes sont traités. L'extrême lenteur de tous les procédés s'avère être un gros obstacle au changement, le manque de passion et de détermination que j'ai remarqué chez beaucoup de personnes, tant du côté des ONG que du côté des bénéficiaires, le fatalisme qui se lit chez beaucoup aussi, l'ignorance et l'état d'obscurantisme dans lequel est maintenue toute une partie de la population, qui empêche la prise de conscience indispensable à l'action et qui fait que des situations inacceptables sont si facilement acceptées. Les mentalités, aussi, qui par leur conservatisme et leur manque d'ouverture, empêchent aussi le changement. Je pense notamment à la politique d'abstinence, qui continue d'être défendue à bras le corps malgré le peu d'effets positifs et la déferlante d'effets négatifs qu'elle produit (cette politique moralisatrice a, je pense, induit un énorme sentiment de culpabilité et n'a fait qu'empirer les problèmes de rejet et de stigmatisation déjà si répandus). Je pense que même si elle peut avoir certains mérites, elle doit être menée en parallèle avec d'autres politiques alternatives. Si toute l'énergie mise à prôner pour l'abstinence avait été mise au service d'une campagne efficace pour le port du préservatif ou pour une campagne de sensibilisation sur les traitements disponibles, ou encore une campagne pour la solidarité envers les malades du SIDA et séropositifs, la situation serait peut être différente aujourd'hui. Sur ce point, j'oublie peut être de prendre en considération des éléments qui justifient la politique d'abstinence, mais je la trouve tout simplement utopique et il me semble aussi qu'elle produise bien souvent les effets contraires aux effets recherchés...

Ensuite, même si les programmes ont un effet à court terme plutôt très satisfaisant, les retombées sur le long terme me semblent assez minimes. Le cercle vicieux est tellement difficile à rompre qu'il n'est pas toujours facile de rester optimiste.


Espoir :
quelques success stories ont suffit à me redonner espoir. Je me dis qu’on recherche aussi bien le bien-être individuel que collectif et que même si les programmes ne bénéficient qu’à une poignée de personnes, et pour une durée souvent insuffisante, le changement est visible. Des vies prennent de nouvelles directions. Par exemple, l’un des programmes aide à la conduite d’IGA (Income generating activities, activités génératrices de revenus) pour des femmes vulnérables (séropositives, veuves, avec enfants à charge) et l’impact est tellement positif ! Elles regagnent confiance, estime de soi, espoir, créativité. Leur esprit d’entreprise se développe, la solidarité renait grâce à la mise en place de groupe d’entraide. Ces femmes ont une ressource et une force incroyable. Je pense que les petits riens font la différence et que le changement nécessite temps, persévérance, passion et foi.

Courage :
la force et la rage de vaincre de ces quelques femmes m’ont donné énormément de courage. Ces visites m’ont vraiment bouleversée mais j’en suis sortie vraiment plus forte. C’est aussi en voyant ces enfants séropositifs, orphelins, qui malgré leur jeune âge ont surmonté des épreuves terribles (prostitution, travail domestique forcé, violence et abus sexuels, exploitation, douleur de perdre des êtres chers, rupture sociale, rejet, stigmatisation…) garder le sourire que je me suis sentie pleine de courage.

Même si je continue d’osciller entre découragement et espoir, c’est souvent l’espoir qui finit par l’emporter.
 



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Par Milia - Publié dans : Uganda
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