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C'est demain, le 7 juillet, qu'aura lieu à Los Angeles la cérémonie d'hommage à Michael Jackson, décédé le 25 juin dernier. L'événement, qui sera retransmis en direct par de nombreuses chaînes de télévision, promet d'être à la hauteur de la folie qui entoure déjà la disparition du chanteur. Le site Internet du Staples Center, où se déroulera la cérémonie, a en effet enregistré un demi-milliard de connexions, et n'a pu satisfaire que 1% des demandes de tickets. Une affluence de plusieurs centaines de milliers de personnes est prévue aux alentours du stade, au point que la police de Los Angeles a supplié les admirateurs de la vedette, aux Etats-Unis et dans le monde, de renoncer à faire le déplacement.

Si de nombreux traits du chanteur, qu'ils soient relatifs à son talent ou à sa folie, renvoyaient à son histoire personnelle, d'autres, au contraire, relevaient d'un héritage collectif. Sa volonté désespérée de se « blanchir », la haine de soi déversée sur lui par son père, Joseph Jackson, lorsqu'il surnommait son fils « Gros nez », trahissent la force du modèle esthétique dominant et la dévalorisation de l'identité noire, dans une société marquée par l'esclavage et la ségrégation - rappelons que Jackson fut le premier artiste noir diffusé sur la chaîne musicale MTV. Ce que sa voix haut perchée devait à l'histoire du blues et, au-delà, de l'esclavage, est moins connu. « Cette histoire des voix noires, des voix d'homme suraiguës, est une histoire de psyché, de politique, de censure des corps et de soulèvement contre la loi du Maître. Histoire d'esclaves, d'hommes, de femmes et d'enfants », écrivait Francis Marmande dans un article du Monde diplomatique, intitulé « Les aigus, c'est grave », en décembre 2004.


Article paru le 6 Juillet 2009, in Le Monde Diplomatique



Tag(s) : #Speak out!

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