Mercredi 20 février 2008
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/2008 15:30
Par Milia
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Publié dans : India
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Lundi 18 février 2008
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/2008 20:58
Bénarès (Vârânasî), c’est des vaches, des veaux, des taureaux, des chiens, des chèvres, des rats, des singes partout, dans tous les recoins,
de la fumée provenant des crémations (les indiens viennent de toute l'Inde pour se faire incinérer à Benares; lieu saint qui marquerait la fin du cycle des réincarnations selon la culture
Hindou), le crépitement des buchers, des beuglements, du Bollywood, un brouillard diffus qui plane sur toute la ville, le Gange, complètement statique, verdâtre, ou peut-être grisâtre. Des sages
illuminés venus d’ici et d’ailleurs, des occidentaux déjantés, des hippies venus tout droit des chemins de Katmandou, une atmosphère effervescente de toutes sortes de choses…à voir
absolument !
Au départ de Khajurâho, pas évident de se décider pour le mode de transport qui nous emmènera à Vârânasî. On a le choix entre : 4 heures de
bus gouvernemental (traduction : bus pourri) à se faire valdinguer dans tous les sens serrés comme des sardines, suivies de 12 heures de train couchette, donc arrivée au crépuscule, fatigués (et de
mauvaise humeur pour moi). Ou bien : installés confortablement dans une voiture, trajet direct Khajurâho-Vârânasî. Déterminant du choix : le prix. Sachant que l’option 2 coûte 10 fois
plus cher que la première. Mais coup de chance, au dernier moment on a pu partir à un prix raisonnable en voiture. Du coup, soulagement total (sachant que j’avais un petit mal de ventre
lancinant depuis le matin…).
Donc après 8 heures de voiture, on arrive à Vârânasî, ville sainte bordée par le Gange, aux alentours de minuit. Déjà à l’entrée de la ville, on ressentait une atmosphère étrange, foncièrement
différente des autres lieux visités jusqu’à présent. Une brume presque palpable qu’on pouvait discerner malgré l’obscurité, une odeur dense, des bruits sourds…Puis en descendant de voiture, on
suit, harnachés de nos sacs-à-dos, un cortège coloré destiné à un mariage sikh. Et ensuite…je m’enfonçais minute après minute dans un état de peur incroyable. Un dédalle de ruelles à l’étroitesse
claustrophobique, des chiens errants menaçants, des vaches, taureaux, et animaux en tous genre qui, si bien dissimulés dans l’obscurité, me secouaient de sursauts à chaque renfoncement, des gardes
armés de fusils de chasse à l’entrée qui ne nous ont laissé passer qu’après nous avoir fouillés, des mecs drogués, la nuit noire, des beuglements, aboiements, bêlements…enfin bon, mes souvenirs
accentuent peut-être un peu la réalité mais je peux dire que ça faisait longtemps que je n’avais pas eu aussi peur. Je peux peut-être avancer l’excuse de la fatigue due au long trajet, ou à mon mal
de ventre :-) ? Clem et Mamoune, j’ai pensé à vous.
Manu quant à lui était tout détendu et ne comprenait pas d’où me venait cette peur subite. Alors une fois arrivés à la Guest House, pas question de ressortir avant le lendemain matin. Une bonne
nuit passée dans ses bras protecteurs et je serai d’attaque pour la journée suivante.
Par Milia
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Dimanche 10 février 2008
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/2008 17:11
Khajurâho se trouve à l'emplacement d'une ancienne capitale du royaume Jijhotî dont parle le pèlerin chinois Xuanzang dans son carnet de voyage. De 950 à 1050, la cité fut aussi la capitale
religieuse des Chandela.
Les rajâ Chandelâ y firent construire un grand complexe de temples qui en compta jusqu'à 85, mais dont 22 seulement subsistent de nos jours.
Ils étaient consacrés aux cultes hindouiste et jaïn.
Que du bohneur cette journée ! Les temples érotiques de Khajuraho semblent tout droit sortis du grand livre du Kama Sutra. Des fresques très chaudes, allant jusqu'à des scènes zoophiles
(hum...) - de quoi choquer ma petite âme sensible. Les sculptures sont vraiment épatantes et ce fût très troublant d'entrer dans cet univers, à côté de la vie quotidienne indienne et de
ses tabous. Liberté totale, mélange des corps, et glorification des plaisirs charnels. Ca vaut le détour !
Par Milia
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Jeudi 7 février 2008
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/2008 14:08
Petites boulettes de pomme de terre, ensuite écrasées en bouillie et recouvertes d'épices et d'une sauce aux oignons, le tout servi dans
une feuille pliée en forme de bol (on les aperçoit dans le coin à droite). Plat de prédilection de Manu.
Etape suivante à Orchha, une petite ville à quelques kilomètres de Jhansi. Sympa de se poser dans un vrai lit après une nuit passée dans des bus, avec changement en pleine nuit, pour s'asseoir
tout serrés sur des sièges en angle droit et durs comme du bois. Ensuite à l'arrivée, on est partis à 10 agglutinés dans un auto-rickshaw pendant une vingtaines de kilomètres
pour atteindre Orchha depuis Jhansi. Ce voyage m'a paru bien long car je fais partie de ceux qui ont besoin de leurs 8 heures de sommeil quotidiennes (ou plutôt nocturnes)
pour être en forme et d'humeur agréable pour leur entourage...
Donc en dépit de cette arrivée difficile, Orchha est un endroit au charme débordant. D'autant plus qu'on arrivait juste à point pour un festival Hindou destiné à Shiva. Donc pas mal
d'activité dans les rues (sans voitures ni rickshaw !!). On a passé la nuit dans un hotel situé dans un palais, légèrement à l'écart du reste.
Balade sympa jusqu'à une rivière de galets, un peu asséchée. Après-midi passé à lire et à méditer sur des rochers haut perchés d'où l'on apercevait les bergers et leurs chèvres, les femmes
affairées à faire leur lessive, les réunions de singes, et au loin notre palais. Bref, moment très relaxant, beau coucher de soleil, et de quoi bien se dégourdir les jambes.
Par Milia
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Samedi 2 février 2008
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/2008 14:52
A Bundi en Janvier, on s'entraîne pour le festival des cerfs-volants, religieusement. Au saut du lit, on rafistole son oiseau de papier, on
s’assure de la solidité de sa ficelle, et c'est parti pour une journée la tête dans les nuages, à faire voler et virevolter ce qui sera peut-être le trophée de la compétition. Mais les fils
s’emmêlent, les cerfs-volants se font sauvagement embrocher par les branches sèches, se noient dans les lacs, où pire ! se font voler par les singes…
Passage très sympa à Bundi, petite ville de charme au cœur du Rajasthan. Notre auberge assez pittoresque ‘Elephant Stables’ donnait
directement sur les ruines du fort. Ambiance calme, malgré l’effervescence due à la perspective du fameux Kite Festival.
Notre escapade dans la campagne nous a réservé quelques surprises. On devait se rendre aux chutes d’eau situées à quelques kilomètres de la
ville à moto, mais notre sens de l’orientation nous a fait défaut. Alors à notre insu, et avec l’espoir d’être arrivés à bon port, on tombe sur un temple encore plus étrange que ceux visités
jusqu’à présent. Le temps de reprendre nos esprits en sirotant un chai sur la place qui semble être le QG des hommes du coin (oui ‘coin’ parce que ça ne semble pas être un village,
mais un lieu uniquement dédié à ce temple), on avance sur un chemin où les singes se multiplient à mesure qu’on s’approche du lieu de culte. Et à l’arrivée, on trouve un temple à l’architecture
plutôt moderne, deux femmes et un petit garçon, en pleine cérémonie : ils sont en ronde autour d’une sorte de statue, y jettent des fleurs, chantent. Beau petit spectacle, que je n’ai pas pu
observer plus en détail, mes sens étant en alerte devant les dizaines de singes assis autour de nous, prête à battre en retraite, le cas échéant.
Sur le retour (oui, on s’est rendu : il n’y aura pas de chutes d’eau pour cet après-midi), un autre temple, des centaines de visiteurs,
et nous deux, qui montons, sans trop savoir ce qu’on va chercher. Et de nouveau, des chants, des sages, des singes, des fleurs.
Magnifique vue depuis les ruines du fort, une petite ballade assez raide mais sympa.
Par Milia
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