Kilwa, un archipel composé de trois îlots en bordure de l’Océan Indien à 10 heures de bus au Sud de Dar es Salaam, du nom d’un puissant
sultanat présent il y a fort fort longtemps (désolée…il me manque les dates exactes et je ne veux pas dire de bêtises, alors ‘il y a fort fort longtemps’ ça devrait suffire). Avec Clémence et
Mam, venues me rendre visite pour presque deux semaines (!!) nous partons à la découverte des vestiges de l’ancienne occupation arabe. Kilwa Kisiwani (de Kisiwa, qui signifie île en Swahili) fût le plus important port de commerce en Afrique de l’Est. Au IXème siècle, le propriétaire de l’île, un Swahili, la céda
à un grand commerçant du nom de Ali bin Al-Hasan, le fondateur de la dynastie Shiraz. Du XIème au début du XVème siècle, Ali bin Al-Hasan a construit (ou plutôt ses esclaves) une cité extrêmement
puissante tant sur le plan commercial que politique, la fameuse Kilwa Kisiwani, objet de notre périple. Il y fît construire une grande mosquée et y établit d’étroits liens commerciaux avec le sud
de l’Afrique, allant jusqu’au Malawi et au Zimbabwe. C’est ainsi qu’il fît de Kilwa Kisiwani le port le plus important tant en taille qu’en volume d’échange de tout l’Océan Indien. Sa fortune
s’est construite sur les échanges de nombreuses marchandises, allant de l’or au métal, en passant par l’ivoire, les esclaves (Tanzaniens), le textile,
les perles, les parfums, la vaisselle d’Arabie, les faïences de Perse, la porcelaine de Chine et les épices d’Inde. A partir du XIIIème siècle, Kilwa devenait la ville la plus puissante de la
côte ouest africaine. Voilà pour la note explicative à propos de Kilwa.
Mais, de vous à moi, aussi intéressant que mon petit paragraphe puisse paraître, c’est plus pour assister à la vie du village et faire connaître à Clem et Mam la vraie Afrique, avec les vrais gens, loin des sentiers battus par les milliers de touristes que je voulais aller à Kilwa, un pti périple roots en bref. Mais comme vous pourrez le lire plus tard, on a toutes les trois été très agréablement surprises par notre visite guidée dans les ruines en la charmante compagnie d’Athman, jeune habitant du village.
Donc départ un matin à 4h pour Kilwa dans un bus très très sommaire, sur des routes très très sommaires (sauf le petit tronçon sur la photo plus haut). Et je ne m’attarderai pas sur les détails
du trajet aller, mais autant dire que ce fût long et laborieux. Après 10 heures interminables passées à faire des bons incontrôlables sur nos sièges, on arrive enfin à Kilwa. Et là, petite baisse
de régime générale, voire une petite pointe d’irritation. On cherche une auberge pour la nuit et on tombe sur des hôtes pas très accueillants au premier abord, on arpente les rues de Kilwa pour
prendre un peu nos marques, et à part des regards insistants peu souriants, on a eu du mal à déceler de la sympathie chez les habitants du village le premier soir. On commande du riz et des
haricots rouges pour notre repas du soir et rentrons vite à l’auberge pour mettre fin à cette longue journée sans grand intérêt. On puise le nécessaire d’eau pour notre toilette au puits,
éteignons nos bougies et au lit !
Le lendemain, à peine sorties de l’auberge on rencontre Athman, qui se propose d’être notre guide pour la journée. On accepte volontiers et la journée commence bien ! Après un pti dej chez
une mama très gentille, on part en Dhow (petit bateau à voile avec un joli cachet antiquité) en direction de Kisiwani, l’île où se trouve la majeure partie des ruines. La traversée fût splendide,
en compagnie de gens souriants et très accueillants. Arrivés sur l’île, Athman nous a fait une visite détaillée des ruines, vraiment bien documentée et très intéressante. Ensuite, traversée en
sens inverse et on se dirige vers une plage déserte paradisiaque, et là, pendant quelques heures, c’est farniente.
De retour au village, on se rend compte que nos impressions de la veille étaient faussées par notre fatigue (enfin on dira que c’était la fatigue). Des contacts chaleureux, des échanges
agréables, des conversations amicales, des rires et des cache-cache avec les enfants, vraiment Kilwa, c’est du bonheur !


