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Sur la route de Yangon à Mandalay, nous avons été soumis à de nombreux contrôles d'identité, ce qui nous donnait l'impression de passer plusieurs postes frontière dans le même pays avant d'atteindre notre destination. Il arrive que certains passagers du bus ne remontent pas...
A 3h du matin, tous les passagers ont été invités à sortir du bus pour procéder à un brin de toilette. Chacun munis d'une petite lingette rafraichissante, les accompagnateurs nous indiquaient la direction (forcée) vers les toilettes. Dociles, Béa et moi nous sommes exécutées.



A Mandalay, nous avons visité des pagodes en pleine activité en ce mois de nouvelle année, puis marché sur un très long pont, et enfin sommes allées voir les Moustache Brothers.



Les Moustache Brothers sont une petite troupe de théâtre familiale dans le collimateur de la junte. L'un des frères a été emprisonné pour avoir fait une mauvaise blague sur le régime. Depuis, ils continuent de se produire pour les quelques touristes qui passent par Mandalay. Bien qu'ils soient tolérés par la junte, ils ne font pas exception à la censure et aux menaces, c'est pourquoi le contenu de leur spectacle s'en trouve pour le moins...appauvri. Mais c'est pour cela qu'il faut continuer à les soutenir en allant les voir ! Ce sera l'occasion pour vous de découvrir quelques costumes et danses traditionnels. Ils se produisent chaque soir dans leur petit théâtre de fortune à l'ambiance particulière mais chaleureuse, et la représentation dure une heure et demie.


Dans le courant de la nuit, nous avons embarqué sur le ferry qui nous mènera à Bagan, la ville au 500 pagodes. Cette croisière dura 17 longues heures, mais il faisait bon se laisser aller au gré du temps. Un calme infini a régné tout le long du trajet, ponctué par les arrêts fréquents le long des berges, où l'on pouvait assister aux embarquements et débarquements de personnes, de marchandises, d'animaux et autre, s'opérant sur de fines planches de bois disposées sommairement entre le pont et la terre ferme.



Seul bémol de cette traversée : le ferry est gouvernemental. Mais de nombreuses vendeuses des villages environnants profitent de l'achalandage généré par les ferrys qui passent pour vendre fruits, samousas, et toutes sortes de beignets. Les longues escales nous ont d'ailleurs permis de nouer des contacts avec quelques artisanes qui vendaient des couvertures brodées mains (bien superflues en cette saison !). Elles nous demandaient des vêtements, savons, shampoings et autres produits de première nécessité. Nos sacs s'en sont trouvés allégés ! Leur bon niveau d'anglais nous a bien facilité la conversation, et c'est avec plaisir que nous avons échangé des bribes de nos vies. Ça me fait plaisir de savoir qu'une Birmane dans un village portera l'une de mes robes, et que j'aurai l'une de ses couvertures chez moi.



Le ferry est organisé de façon très sectaire : la première classe avec des banquettes en bois pour les moines ; la classe touristes avec des chaises en plastiques disposées sur le plancher ; enfin, la classe ordinaire, pour les Birmans et les Birmanes non moines. Mais les frontières s'effacent naturellement, c'est ainsi que nous nous sommes retrouvées à côté d'une gentille famille birmane avec deux petites filles trop choupinettes. C'est la première fois depuis le début de notre séjour que nous avons été véritablement en contact d'autres touristes. Incroyable à quel point la notion de territoire personnel est prononcée chez certains occidentaux : il faut coûte que coûte poser les limites, ne laisser personne empiéter sur son territoire. Pas facile dans un ferry bondé.



Bagan


Le premier jour en calèche, le deuxième à vélo, nous avons parcouru le site de Bagan et visité quelques uns des 500 temples qui jonchent le sol. Une ambiance mystique et médiévale, des vues surprenantes. Le site est resté presque intact depuis des siècles, mis à part une tour construite en plein milieu par le gouvernement pour offrir une vue panoramique de Bagan. Super. Les temples sont en ruines mais ne manquent pas pour autant de vie ! Les gens y dorment, y lisent, y peignent, y chantent... de quoi agrémenter nos visites !



A Bagan, il doit y avoir dix artisans pour un touriste, et Béa et moi nous sommes faites repérer des le matin (car les infos tournent vite à Bagan...) et avons terminé la journée avec chacune un sac rempli de boites en bambou laqué. Le fait que le tourisme reste relativement peu développé maintient l'authenticité et la finesse de l'artisanat.



En passant à Old Bagan, ne ratez pas le Santhidar Restaurant, tenu par une adorable petite famille, et profitez-en pour parler foot avec Pyi Sone.



La Birmanie est un pays à très faible criminalité envers les touristes, et pour cause : un crime envers l'un d'eux est puni bien plus sévèrement qu'un crime commis envers un compatriote. Mais la plus grosse coupure s'élevant à 1000 Kyats (1$), il est assez courant, en tant que voyageur de se balader avec d'énormes liasses de billets...et il est d'autant plus facile de s'en faire piquer un peu au passage sans que l'on s'en rende compte tout de suite. Mais il ne s'agit que de cas isolés et exceptionnels.


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Mutations de la dictature, Le Monde Diplomatique

Tag(s) : #Burma [Myanmar]

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