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Kibera, le plus grand bidonville d’Afrique, s’étend sur des centaines d’hectares où près d’un million de personnes vivent entassées. Il y fait une chaleur étouffante le jour et les nuits y sont glaciales. Criminalité, violence, insalubrité, promiscuité, pauvreté, maladie, alcoolisme, drogue, viols, misère, SIDA, corruption, meurtres font le quotidien des habitants de Kibera. Rien n’est simple. Et pourtant l’espoir est là. La joie de vivre et les rires sont la seule force qui reste à ces enfants déjà marqués par une vie trop cruelle. 

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Pour occuper mes weekends, j’allais donner des cours de danse dans une école de Kibera, créée par une Kenyane, Rachel, qui accueille une trentaine d’enfants chaque jour. Je partais donc le samedi matin en matatu (les minibus locaux) en direction de Kibera, avec Sandhia, mon amie Kenyane d’origine indienne. J’avais toujours cette angoisse au fond du ventre le vendredi soir, la peur de pénétrer dans ces zones de non-droit où la violence est reine, et où l’on m’avait fortement déconseillé de m’aventurer tant de fois. Mais ma bonne étoile n’a jamais cessé de veiller sur moi.

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A l’approche de l’entrée du bidonville, les enfants nous reconnaissent et nous escortent jusqu’à l’école. On croise quelques hommes que la shanga (alcool fabriqué à base d’acide de batterie, d’eau des égouts, et de sucre) a presque fini d’achever. On arrive à l’heure où les milliers d’habitants sont déjà partis à la recherche d’un travail d’un jour, qui leur permettra de survivre un jour de plus. Des dizaines d’enfants errent et s’amusent dans un dédale de ruelles boueuses et remplies de déchets. L’odeur est forte, presque corrosive, l’atmosphère est lourde, mais quelques ondes positives arrivent à percer ça et là, un grand sourire d’enfant, une école dont s’échappent des voix angéliques, un échange de regards. Et ma joie grandit, je m’émerveille de tout, je ressens une admiration profonde pour ces enfants, ces femmes et ces hommes, qui quoiqu’il arrive, gardent confiance, espoir et surtout amour en la vie. Chaque moment passé à Kibera m’a donné un peu de force et de sagesse. Merci à tous ces enfants.

   
 

  Les photos de cet article sont de André.

Tag(s) : #Kenya

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