Mercredi 7 mars 2007
3
07
/03
/Mars
/2007 12:56
Kibera, le plus grand bidonville d’Afrique, s’étend sur des centaines d’hectares où près d’un million de personnes vivent
entassées. Il y fait une chaleur étouffante le jour et les nuits y sont glaciales. Criminalité, violence, insalubrité, promiscuité, pauvreté, maladie, alcoolisme, drogue, viols, misère, SIDA,
corruption, meurtres font le quotidien des habitants de Kibera. Rien n’est simple. Et pourtant l’espoir est là. La joie de vivre et les rires sont la seule force qui reste à ces enfants déjà
marqués par une vie trop cruelle.
Pour occuper mes weekends, j’allais donner des cours de danse dans une école de Kibera, créée par une Kenyane, Rachel, qui accueille une trentaine d’enfants chaque jour. Je partais donc le samedi
matin en matatu (les minibus locaux) en direction de Kibera, avec Sandhia, mon amie Kenyane d’origine indienne. J’avais toujours cette angoisse au fond du ventre le vendredi soir, la peur
de pénétrer dans ces zones de non-droit où la violence est reine, et où l’on m’avait fortement déconseillé de m’aventurer tant de fois. Mais ma bonne étoile n’a jamais cessé de veiller sur moi.
A l’approche de l’entrée du bidonville, les enfants nous reconnaissent et nous escortent jusqu’à l’école. On croise quelques hommes que la shanga (alcool fabriqué à base d’acide de
batterie, d’eau des égouts, et de sucre) a presque fini d’achever. On arrive à l’heure où les milliers d’habitants sont déjà partis à la recherche d’un travail d’un jour, qui leur permettra de
survivre un jour de plus. Des dizaines d’enfants errent et s’amusent dans un dédale de ruelles boueuses et remplies de déchets. L’odeur est forte, presque corrosive, l’atmosphère est lourde, mais
quelques ondes positives arrivent à percer ça et là, un grand sourire d’enfant, une école dont s’échappent des voix angéliques, un échange de regards. Et ma joie grandit, je m’émerveille de tout,
je ressens une admiration profonde pour ces enfants, ces femmes et ces hommes, qui quoiqu’il arrive, gardent confiance, espoir et surtout amour en la vie. Chaque moment passé à Kibera m’a donné un
peu de force et de sagesse. Merci à tous ces enfants.
Les photos de cet article sont de André.
Par Milia
-
Publié dans : Kenya
4
et je sais pas si c'est possible, je sais même pas pourquoi je pose la question packe je sais bien qu'il y a très peu de chance que cela arrive mais j'espere de tout coeur que un jour j'arriverais à venir a Kebila est aider tous ces enfants magnifique, qui garde le sourire malgres tous, leurs mère et père qui ont du courage et la foi.
Si quelqu'un de france voit ce commentaire et qu'il compte partir la-bas les aider j'aimerais qu'il ou elle me contacte sur mon email guidoone-33@hotmail.fr
Et que Dieux enmène ses gens au paradis pour ceux partis trop tôt.
J'ai été très impressionné par ce voyage au bout du monde, de l'autre coté du miroir, où la misère quotidienne côtoie l’espérance de jours meilleurs inaccessibles. J’avais été extrêmement sensibilisé par la chorale de ces enfants chantant un alléluia dans une joie semblant immense. Comment peut-on trouver le courage de réaliser un tel voyage ? Je n’ai eu que celui d’écrire une chanson. Ce blog me retourne à chaque fois que j’y reviens.
merci pour vos passages ici. en effet, quand on voit cette force, on se rend compte qu'on a beaucoup à apprendre...
Auriez-vous conservé un enregistrement de la chorale des enfants ? je voudrais l’intégrer dans une chanson….